Lectures de HalimaDoula

Extraits

« Car toute la vie d’un homme parmi ses semblables n’est pas autre chose qu’un combat pour s’emparer de l’oreille d’autrui » – Milan Kundera

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HalimaDoula couverture salomé-galland

Au détour d’une boîte à livres, j’ai rencontré cet ouvrage de Jacques Salomé et Sylvie Galland datant de 1990. Évoquant plus le développement personnel que les situations de périnatalité, j’y ai trouvé de nombreux extrait qui ont fait écho à mes croyances ou à ma pratique. Je vous les partage chaleureusement ci-dessous. J’ajoute que ces extraits sont plutôt destinés aux professionnel·le·s de l’accompagnement qu’aux futurs parents, bien qu’ils enrichiront tous les types de lecteur·rice·s. J’espère vous donner envie de lire ce livre avec autant d’enthousiasme que j’en ai eu, et je rappelle enfin que je le prête dans le cadre de mes accompagnements. Contactez-moi si vous souhaitez vous le procurer en prêt. Bonne lecture!

« Je découvrirai que, très tôt dans mon existence, j’ai été dépossédé de ma parole par ceux qui m’aimaient et qui, croyant me comprendre, parlaient pour moi. » p.11

« Les parents et les pédagogues proposent plus souvent des censures que des invitations à une parole libre. » p.11

« Celui qui éprouve une émotion doute de son propre vécu quand une personne significative (un des parents, par exemple) disqualifie, nie ou tente de lui dicter son vécu et ses sentiments. » p.12

« Communiquer c’est mettre en commun. Mais qu’avons-nous à mettre en commun? Soit nos différences, soit nos ressemblances. » p.15

« L’autre, en effet, ne réagit pas à ce que je dis mais à ce qu’il entend, à la façon dont ma parole résonne en lui et il y a parfois une énorme différence entre ce que j’ai voulu dire et ce que l’autre a entendu. Et c’est réciproque, bien sûr. » p.15

« Nous attendons tous, et parfois de façon un peu magique, que l’autre (maman, papa, mon frère, ma sœur) me rejoigne dans mes sentiments, entende ma sensibilité propre, reçoive mes émotions sans se les approprier. Une difficulté surgit aussi quand l’autre me répond dans un registre différent du mien. » p.18

« Tout vécu résonne sur un autre plus ancien et nous renvoie à des expériences gravées dans notre passé. » p.19

« Une communication pleine est un partage où j’ai la possibilité de me dire, d’être entendu et d’entendre l’autre à ces cinq niveaux, aux divers moments de la relation. Souvent notre parole reste bloquée à l’un ou à l’autre niveau. Selon la situation et l’interlocuteur, selon le sujet abordé, selon notre aisance et nos peurs et surtout selon l’écoute que nous rencontrons, nous privilégions un registre de façon rigide et en évitons ou en rejetons d’autres avec une égale constance. » p.20

« La peur de dire, de s’exprimer avec abandon est inscrite dans beaucoup de relations proches. Cette peur barre la route à l’enthousiasme, aux élans, à la créativité. Elle retien, elle entretient le ressentiment lié aux frustrations du non-dit. Nous attendons trop, parfois, du langage, du mythe de la parole juste et vraie, alors que les mots recouvrent des réalités différentes pour chacun. » p.21

« Les pensées et les images secrètes de l’autre m’échappent aussi complètement que les miennes lui échappent. » p.21

« Reconnaître l’incomplétude de toute communication verbale avec d’œuvrer à la rendre plus féconde. » p.22

« le « ne pas dire » doit s’entendre comme un choix » p.22

« Écouter l’autre sans s’emparer de sa parole est difficile. Cela suppose disponibilité et décentration. Écouter, c’est accueillir ce qui s’exprime sans porter de jugement, en tentant de comprendre le monde intérieur de l’autre dans son système de références à lui. Écouter activement, c’est permettre à l’autre d’en dire plus et de s’entendre lui-même lorsque je reprends ou résume ce qu’il vient de dire, ce que j’ai entendu ou du moins ce que j’ai compris dans ce qu’il a dit. C’est aussi proposer des questions ouvertes, celles auxquelles on ne peut répondre par oui ou par non, celles qui demandent comment et non  pourquoi, celles qui ramènent l’autre à lui-même. » p.25

« Pour écouter il me faut d’abord me taire, faire taire ma réactivité qui est le principal obstacle à l’écoute. » p.25

« La simultanéité de l’expression est impossible, il ne peut y avoir qu’une écoute alternée. » p.26

« Il y a un grand désir, plus ou moins caché au cœur de chacun, de pouvoir se dire dans être jugé, sans être récupéré, ni rassuré, ni rejeté, ni étiqueté. Simplement être entendu pour mieux s’entendre soi-même ». p.26

« Entendre, c’est rejoindre l’autre dans son réel à lui en recevant ses divers langages. » p.27

« Entendre, c’est aller au-delà de l’écoute pour saisir l’essentiel. » p.27

« Le paradoxe d’un bon entendement et qu’il s’agit d’entendre l’autre dans le registre où il parle, mais aussi, parfois, de comprendre que ce registre peut en cacher un autre. » p.27

« Entendre ce qui se dit, non toujours où cela se dit mais d’où cela se dit. » p.27

« Car entendre, c’est aussi entendre chez moi-même, d’une part, la résonance à ce qui et dit et, d’autre part, le sens que je donne au message qui me parvient. » p.28

« Entendre n’est pas répondre et pourtant c’est ma réponse qui montrera ce que j’ai entendu ou pas. Au-delà de ma réponse, c’est la qualité de ma présence qui donnera de la force à mon écoute. Il est primordial, si je veux tenter d’améliorer ma communication, que je sache entendre une demande, un désir, un besoin sans me sentir tenu de le satisfaire. Entendre un problème sans croire devoir trouver une solution. Simplement entendre et témoigner que j’ai entendu. » p.28

« Ce que je dis à un moment donné n’est qu’une facette d’une immense complexité pleine de contradictions. Ce que j’exprime dans un jaillissement nécessaire n’est qu’une infime partie de moi, « Ne m’enferme pas dedans ». » p.29

« Sentiments, pensées rationnelles et systèmes de valeurs, ces trois registres qui ne se rencontrent pas existent en chacun de nous. Ils donnent lieu, lorsqu’ils se croisent dans les communications, à beaucoup de malentendus. Mais ils créent aussi dans nos dialogues intérieurs des débats sans issue.

  • Affectif: « J’ai peur d’accoucher. »
  • Logique: « Il n’y a pas de raison, des milliard de femmes sont passées par là. Les statistiques montrent que dans nos pays les risques sont très minimes. »
  • Normatif: « C’est infantile et lâche de paniquer ainsi. Je devrais être sereine et détendue. » p.31

« Le registre des sentiments est distinct de celui de la relation, malgré leur évidente corrélation. » p.36

« Le lien, organisme vivant, structure subtile qui nécessite quantité d’énergie et d’information, fonctionne comme un tiers entre deux ou plusieurs personnes. Chacun entretient et nourrit un aspect de la relation. » p.37

« Je fais à l’autre ce que je voudrais qu’il me fasse. Je pars de l’idée que l’autre a les mêmes désirs, les mêmes besoins, les mêmes goûts que moi. Le piège le plus évident dans toute relation réside dans cette tentation de nier les différences. » p.41

« Les bonnes intentions ne pêchent que par la surdité et l’aveuglement entretenus à la fois par celui qui n’écoute pas et par celui qui ne s’exprime pas clairement. » p.41

« Recevoir du nouveau, c’est risquer d’être modifié, risquer une transformation, même minime, et il y a en l’homme une grande peur de la transformation. S’ouvrir à l’influence de l’autre met en danger notre individualité fixée, nos références connues, parfois nos priorités. » p.46

« Demander c’est dourir un double risque:

  • celui de rencontrer un refus;
  • celui d’être comblé. » p.49

« Les refus clairs pourraient pourtant représenter dans toute relation des balises indispensables. Car, faut de balises, on risque de se mettre des barrières, des murs faits de refus silencieux et de peurs secrètes. » p.51

« Quand je dis non à quelqu’un, je me dis oui à moi-même. » p.53

« La plupart des relations de couple ou des relations parentales sont faites à quatre-vingts pour cent ou plus de demandes réciproques. Nous sommes persuadés que nous donnons, alors que nous demandons. » p.54

« Un désir exprimé n’est pas une demande, c’est un désir qui cherche à être reconnu comme désir du moment présent, sans être coincé à tout coup dans une réalisation. » p.58

« Reconnaître le désir et, au lieu de le jeter en pâture dans les mains de n’importe qui, l’écouter, l’entendre et le préserver des mauvais traitements possibles. » p.63

« Tout désir se double d’une ou plusieurs peurs, et elles aussi il nous faudra les regarder en face. La peur de la frustration, de la désapprobation et du changement occulte nos désirs. » p.64

« Encore plus indirecte et camouflée est la demande travestie en plainte, ou en maladie. » p.66

« Nous sommes nombreux à avoir été éduqués à censurer nos demandes directes, et nous avons ainsi appris mille façons de les manifester en les cachant. » p.66

« La demande de l’autre n’a sur moi un pouvoir aliénant que par le conflit qu’elle suscite en moi, entre mon désir d’y répondre et mon refus ou mon impossibilité de le faire. » p.69

« Souvent, dans notre quête de réponse à nos besoins mal différenciés, nous frappons à la mauvaise porte. » p. 70

« Les fixations les plus obsédantes s’articulent autour d’un manque qui cherche éperdument à être comblé, et cette quête désespérée exacerbe et solidifie la dépendance mortifère. » p.71

« Les besoins dont la satisfaction ne relève pas de moi me rendent dépendant. Se crée alors un lien, un attachement, lorsque je vois chez l’autre la réponse à mes besoins. » p.73

« Le lien est bien la polarisation d’un besoin sur une personne qui semble détenir le pôle complémentaire correspondant à ce qui me manque. » p.73

« C’est le travail de toute une vie que de repérer ses propres besoins évolutifs, enfouis sous des couches de peurs et de désirs. » p.74

« Nous devons savoir que lorsque nous faisons quelque chose contre nous-mêmes, nous allons le faire payer à quelqu’un. Les chemins vers la vérité et l’engagement réel passent par une plus grande fidélité à soi-même, par une reconnaissance de ses propres manques, par davantage de clairvoyance sur ses sentiments authentiques. » p.85

« La fidélité essentielle, celle que je peux avoir vis-à-vis de moi-même, va bien au-delà d’un ressenti immédiat, elle s’adresse à ce qui fonde ce que je suis. » p.85

« Beaucoup de blocages relationnels sont liés à un besoin compulsif de répondre aux attentes de l’autre en tenant soit de les satisfaire, soit de s’y référer pour conduire sa propre vie. » p.85

« il n’est pas possible d’être authentiquement soi-même en se conditionnant pour satisfaire la demande, exprimée ou supposée, de l’autre. » p.87

« Beaucoup de sentiments et de pensées paraissant indicibles à cause de la réaction anticipée chez l’autre, c’est-à-dire à cause de ma réaction à sa réaction et de ma peur des conséquences. » p.90

« Oser dire en gardant la responsabilité de ce que nous avons vécu. » p.92

« L’image idéalisée ou déformée que l’autre a de moi ne m’aliénera que si elle rencontre en moi un profond désir de correspondre à cette représentation. » p.94

« Face aux demandes affectives de l’autre, une seule solution: ne pas tenter d’y répondre ni de s’y opposer. Les entendre, les confirmer » p.98

« La meilleure manière de garder ou de rétablir le relationnel, c’est de rester fidèle à sa propre position, de respecter profondément, farouchement, ce qui fonde notre regard, notre écoute: « Suis-je en accord avec ce que je suis, en faisant cela? ». » p.98

« Toute rencontre, toute relation est porteuse de changement, de bouleversement ou d’évolution; c’est le risque humain de l’échange. » p.115

« Même les expériences répétées qui s’inscrivent en faux contre nos théories intimes n’ont pas prise sur celles-ci, qui demeurent inflexibles. Les mythologies sortent indemnes de la plupart des expériences de vie et se perpétuent pendant plusieurs générations. Elles servent de code de références à beaucoup de nos comportements et confirment le bien-fondé de nos actes et de nos pensées. » p.117

« Nos réactions sont déterminées par l’interprétation que nous donnons aux événements, bien davantage que par les événements eux-mêmes. Les vois avec d’autres yeux (le regard d’un tiers nous sera parfois utile), accepter de remettre en cause nos croyances sera la seule possibilité d’avancer vers une évolution, une maturation, une croissance. » p.117

« Celui qui n’a pas été désiré a la chance d’être né de son propre désir. Il sera moins piégé, car il n’est pas né pour combler l’attente d’un autre, pour répondre à son besoin. » p.124

« Il est déjà difficile d’avoir du pouvoir sur nos propres sentiments; sur ceux de l’autre, c’est impossible. » p.125

« Le savoir informel constitue l’essentiel des résistances individuelles dans une demande de changement personnel. » p.127

« Cette croyance de devoir satisfaire l’autre, voilà ce qui empêche d’accueillir, sans plus, certaines paroles. Au lieu de simplement écouter, recevoir, nous nous lançons dans la réponse, dans la recherche de solutions, dans la mise à plat du problème. Et l’autre, voulant éviter ces réactions prévisibles, n’osera pas se dire, restera dans le silence. » p.128

« C’est en acceptant le vécu de l’autre – et non en le faisant mien – que je retrouve l’essence de la communication. Nous ne pouvons partager que sur des différences. En témoignant, en laissant l’autre témoigner de sa vérité, nous laissons place au respect dans le partage. » p.130

« Le sens donné aux événements est le pivot de notre vie quotidienne et relationnelle; c’est l’histoire que nous nous racontons qui fait notre histoire, son dynamise et ses répétitions. » p.134

« Le plus souvent les croyances n’évoluent que si elles sont ébranlées par de graves crises, par des expériences bouleversantes, par des rencontres exceptionnelles ou par une démarche ardue, assidue et douloureuse de recherche de soi-même. Les mythologies personnelles deviennent idéologies lorsqu’elles sont considérées comme applicables au monde entier. » p.135

« Il y a des parties de soi qui restent inaccessibles à notre conscience. Certaines nous paraîtraient menaçantes ou honteuses, et, sans le vouloir, sans le savoir, nous les projetons sur l’autre. Elles nous reviennent alors comme des boomerangs. » p.146

La reconnaissance des sentiments actuels, tels que nous les éprouvons – au lieu de leur négation -, est une forme de confirmation de soi. « J’existe dans ce que j’éprouve et c’est entendu. » p.157

« La peur de la réaction de l’autre tient une bonne place dans ce que nous nommons à tort « culpabilité’. Je crains les conséquences négatives de mon comportement. » p.165

« L’ambivalence est inévitable dans toute relation. Chacun est tiraillé entre deux pôles nécessaires: les besoins d’indépendance-distance et d’intimité-proximité. » p.170

« Je classe ainsi les opinions et les attitudes de l’autre dans les tiroirs de mes références. Le risque, lorsque je laisse tomber cette évaluation normative pour m’autoriser à comprendre sans préjugés le vécu de l’autre, le risque dis-ke, c’est que j’aie à changer. Changer mon regard, quitter mon cadre de références, lâcher mes certitudes bien rangées. » p.175

« Écouter et recevoir l’autre sans jugement et sans perdre cependant un esprit critique est terriblement difficile. » p.175

« Les échanges humains sont de l’ordre du troc et de la complémentarité plutôt que de la similitude. » p.176

« La projection ressemble à celle d’un film: l’autre est l’écran et je regarde les images que j’envoie en croyant de bonne foi que cela vient de lui. » p.178

« Prêter des intentions à l’autre, positives ou négatives, là où il n’en a pas, est un grand facteur de malentendus. C’est une façon de projeter mes désirs et mes peurs sur l’autre » p.182

« Mieux je suis séparé, différencié, mieux j’existe. » p.186

« Celui qui se plaint a envie de se plaindre; il ne demande pas forcément réparation. » p.187

« Chaque être humain est une foule de personnages qui ne font pas toujours bon ménage. » p.188

« La plainte n’est pas une demande d’aide. Elle peut être une demande de confirmation » p.190

« Ceux qui s’engagent dans une relation d’aide devraient être attentifs à cette dynamique de la plainte dérivée de son sujet réel. Cela leur éviterait de chercher des solutions pour l’objet apparent de la plainte et les amènerait à s’interroger. » p.192

« Je voudrais que ma plainte soit reçue pour ce qu’elle est: l’expression d’un trop-plein momentané » p.197

« Se plaindre de conditions que de toute évidence nul ne peut modifier fait partie des rituels de soulagement et des passe-temps sociaux. » p.197

« La plainte est une décharge et un partage. » p.197

« Les langages non verbaux sont infinis et leur vitalité n’a d’égale que leur diversité » p.199

« les somatisations sont des langages symboliques avec lesquels nous tentons de dire à un entourage significatif (et ce ne sont pas toujours nos proches) nos sentiments réels, quand ils sont censurés ou interdits par des peurs. » p.199

« Les mots du silence sont aussi violents à l’égard de nous-mêmes qu’à l’égard d’autrui. » p.201

« Celui qui parle veut être entendu dans le registre où il s’exprime (verbal, non verbal, émotionnel). » p.203

« Quand je suis tiraillé entre un désir et une peur, entre deux désirs, entre deux contraintes, je crée alors en moi un état de tension, de violence, qui me persécute et me déséquilibre. » p.206

« Le corps garde la mémoire de tout ce que nous avons vécu (une mémoire inflexible, même si le souvenir s’est dilué ou évaporé au fil des ans) » p.208

« Le dilemme des écoutants et des soignants est le suivant: « Si je soigne, je détruis le symptôme; je bâillonne donc ce qui tente de se dire par cette médiation. » » p.2015

« Il ne s’agit pas de rechercher la cause, d’expliquer la maladie ou le traumatisme, mais de rechercher sa signification. De concevoir la maladie comme un langage dans une chaîne de signifiants qui nous échappent. » p.2017

« en « travaillant » sur la recherche du sens plutôt que de la cause, nous obtenons souvent un changement, l’abandon du symptôme, la restructuration d’une relation essentielle. » p.2017

« Si nous acceptons l’idée que les « maux » produits par le corps (et qui deviennent parfois des maladies et des somatisations fonctionnelles) sont des langages symboliques, cela veut dire qu’il sera possible de les soigner non seulement à partir de leurs symptômes mais à partir du sens, du discours caché dans lequel ils s’inscrivent, et de les traiter par des réponses symboliques. » p.222

« Bien souvent un événement, un acte, une parole, une attitude de l’autre vont réveiller et déclencher des facultés d’émotions qui sont en moi. Déclencher seulement, et non pas créer des émotions qui m’appartiennent. » p.265

« La seule véritable guerre est intérieure, la seule transformation sur laquelle j’ai un peu prise, c’est la mienne. Il n’est pas impossible qu’elle déclenche aussi une modification de l’autre et de la relation. » p.269

« Ma liberté, ce serait de décider comment je vais vivre la situation qui m’est imposée. » p.269

« La prise de conscience de notre propre responsabilité dans ce que nous vivons peut nous donner un sentiment de liberté inouï même si, dans un premier temps, nous nous sentons prisonniers de nous-mêmes et non plus de l’autre. Si je considère que toute relation a deux extrémités, il m’incombe de prendre en charge l’extrémité qui est de mon côté, et seulement elle. » p.269

« Le type de réponses (agression, caresse, protection, etc.) que nous recevons le plus souvent dans la vie est une information sur des messages que nous envoyons. » p.272

« Je suis partie prenante dans un circuit d’échanges dont les forces et les enjeux parfois m’échappent et donc je suis aussi le moteur. » p.275

« c’est à partir de notre relation à nous-mêmes que nous entrons en communication avec les autres. » p.277

« Il m’appartient d’être non seulement le gérant de l’évolution de mes sentiments et de leur devenir, mais un réceptacle fertile aux sentiments d’autrui, si ceux-ci sont…recevables. » p.278

« Je peux donc tenter d’être plus sélectif, plus lucide, plus réaliste dans mes attentes. Plus souple aussi, car l’attente fixée sur ce qui devrait être, sur ce qui devrait venir de l’autre, empêche de recevoir et parfois même de voir ce qui est là, ce qui, effectivement, vient de l’autre, non conforme mais vivant. » p.282

« Je suis aussi responsable, comme émetteur, de la qualité de l’écoute que je souhaite avoir. » p.282

« Il m’appartient de gérer l’impact, la résonance, les émotions suscitées en moi par les actes ou les paroles d’un autre. » p.282

« Je peux reformuler ce que j’ai entendu, ce que j’ai compris, pour me faire confirmer ce que l’autre voulait dire. Car nous pouvons comprendre à contresens, selon notre degré de vulnérabilité et d’intolérance » p.282

« Écouter ce qui est touché en nous par la réaction, le comportement, l’attitude de l’autre et le reconnaître » p.283

« c’est celui qui reçoit le message qui lui donne ses significations. » p.284

« L’événement qui m’arrive (quelles qu’en soient les circonstances) est porteur de sens, porteur d’un message que je peux essayer d’entendre au-delà des effets et des conséquences immédiates. C’est par mon regard, par mon écoute que la réalité devient mon réel. » p.287

« En connaissant mieux mes zones de tolérance, je peux découvrir plus vite ce qui est bon ou mauvais pour moi dans une situation; je peux donc éviter d’entretenir quelque chose qui n’est pas souhaitable pour moi. » p.289

« La justification quasi permanente de nos actes, de nos paroles, de notre façon de vivre entraîne plusieurs d’entre nous à n’exister que sous la confirmation ou l’approbation d’autrui, dans une sorte de dépendance émotionnelle qui castre la créativité et l’inventivité de la vie. » p.289

« Savoir joui du plaisir de ne pas avoir à tenir compte d’autrui pendant un espace de temps. » p.290

« Le seul moyen de ne pas risquer de souffrir de la soif, ‘est de devenir la source. » p.291

« Être un meilleur compagnon pour moi, c’est apprendre à repérer plus vite les grands saboteurs qui m’habitent, surtout la comparaison, qui me disqualifie, et l’appropriation, pr laquelle je fais mien le jugement de l’autre, quand je deviens ce qu’il perçoit de moi. Naviguant ainsi entre bienveillance et exigences, je ne perds pas de vue le cap qui me paraît le plus important. » p.295

« La plupart des difficultés relationnelles que nous vivons en tant qu’adultes sont basées sur le fait que nous nous laissons définir par l’autre et que nous tentons, en retour, d’enfermer l’autre dans notre définition. » p.298-299

« La réaction est un comportement-écran qui cache l’émotion réelle. » p.301

« Progresser, c’est se séparer, ce qui ne veut pas dire se quitter ou se perdre. » p.302

« Il faut beaucoup de ténacité pour se positionner et résister aux tentatives de définition de l’autre, pour ne pas le laisser nous mettre là où il veut nous mettre, pour ne pas nous laisser enfermer dans ses perceptions. » p.203

« Le langage courant crée une confusion entre entente (j’ai entendu ton désir, ta demande, ton besoin) et entente (je suis d’accord pour le satisfaire, pour y répondre, pour le combler). » p.304

« Les intentions prêtées à autrui reflètent nos peurs. » p.306

« reconnaître la croyance de l’autre, le confirmer dans son point de vue pour ensuite définir le sien. » p.307

« Pour être reconnu, il sera nécessaire de reconnaître l’autre. » p.308

« La recherche d’un accord, si elle est parfois centrale, ne doit pas être la finalité de tout échange. » p.309

« Se connaître soi-même, dans ses mutations et ses constantes est un chantier toujours ouvert. » p.311

« recherchons une relation qui permette à chacun d’être et de croître. » p.318

« La croissance d’un enfant est un facteur puissant de changement. Nos enfants nous délogent de nos certitudes, nous obligent à préciser le flou, nous interpellent sur nos images d’homme, de femme, au-delà des rôles parentaux. Il sécrètent, outre des interrogations, des mises en doute et des remises en place; ils stimulent l’inconscient et irriguent les zones les plus secrètes de nos refoulements. » p.323

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